fragile & forte

Carnets livres est une maison d'édition étrange

à la fois très solide et fragile

contenant beaucoup d'enthousiasme et des naîvetés

des faiblesses aussi...

 

Ce qui fait notre force, c'est d'abord une indépendance totale :

nous ne sommes pour ainsi dire pas soumis aux nécessités du chiffre d'affaire.

La manière dont nous fabriquons nos livres, lente et au compte goutte, nous permet de ne pas avoir de grosses dépenses. Chaque livre se rembourse et permet d'en fabriquer un autre.

Mais rarement, je peux me rémunérer, bien que cela constitue ma principale activité.

J'aime l'idée de rester modeste, de travailler lentement, de produire ainsi des objets qui échappent au temps...

Lorsque l'on est son propre "patron", évidemment, il devient très difficile de faire le départ entre son activité professionnelle et son temps de vie. Souvent, les livres sont fabriqués jusqu'à 22h, voire minuit, et, durant les jours qui précèdent un évènement, il n'est pas rare de travailler jusqu'à deux heures du matin...

J'avoue que je n'ai pas l'ambition du nombre, si je fabrique entre 1200 et 1500 livres par an, cela me convient, et c'est déjà énorme. 

Ces deux dernière années, nous avons fabriqué jusqu'à 2000 livres dans l'année... Il n'a pas été très difficile de les vendre, mais contrairement à ce que l'on pourrait penser, cela a fragilisé la maison d'édition.

En effet, pour produire autant de livres il a fallut doubler le nombre d'heures de travail, résultats, des détails ont été oubliés, qui auraient mérité beaucoup plus d'attention. Il  en a résulté une lassitude de l'esprit, et des pages de texte mal corrigé.

Des coquilles trop nombreuses sont apparues dans les livres.

C'est un problème délicat à aborder. Comment faire un livre qui soit beau et lisible.

La publication d'un ouvrage de "textes" demande une attention énorme.

Et une qualité rare qu'il est très difficile d'acquérir : correcteur.

Le métier de correcteur est un des plus difficiles que je connaisse.

Il faut un oeil, et un oubli de soi quasi monastique. Il faut voir sans lire et être impitoyable.

Ce n'est vraiment pas une de mes qualités.

Donc pour corriger nos textes nous faisons souvent appel à de bonnes âmes qui relèvent régulièrement des coquilles. J'utilise aussi quelques outils informatiques mais ce n'est jamais totalement probant.

En outre embaucher un correcteur, un bon correcteur est hors de prix pour notre maison d'édition... La seule choses que je peux dire c'est que nous faisons de notre mieux pour amélirorer nos livres et qu'avec le temps, je l'espère nous arriverons à diminuer le nombre de coquilles.


C'est aussi pour cette raison que nous avons décidé de ralentir un peu la production.

Evidemment, je ne cherche pas à construire des monuments, des obélisques, des mausolés...

Que les livres contiennent quelques erreurs m'a toujours beaucoup plu.

J'aime l'imperfection, et l'absence de maîtrise totale. Il se peut, que pour cette raison, je soit parfaitement incapable de fabriquer des livres pour des élites intellectuelles qui ne souffrent pas de cela. Mais il y a une grande différence entre l'imperfection et la négligence. Ces derniers temps de la négligence était entrée dans le travail sans que je m'en rende compte... Ralentissons donc, pour éviter de sombrer dans un tourbillon de désillusions....

 

daniel b

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